A vélo
Le risque d’accident à vélo apparaît de manière significative vers 8 ans. Deux raisons : l’enfant a du mal à distinguer un espace de « jeux », où il peut rouler à sa guise, d’un environnement comme la rue, soumis à des règles précises. Par ailleurs, c’est à partir de cet âge que l’enfant est obligé de rouler sur la chaussée.
Des chiffres qui font réfléchir
En 2008, 149 enfants âgés de 6 à 9 ans ont été accidentés à vélo. Parmi eux, 5 ont été tués.
> Ces accidents ont généralement lieu en plein jour, en ville, et pour la moitié d’entre eux à une intersection. Les collisions latérales sont les plus fréquentes : 61 %.
> À noter : ces données ne tiennent compte que des accidents se produisant sur la voie publique ; elles ne prennent donc pas en compte ceux qui surviennent dans les lieux de loisirs réservés aux enfants.
Pourquoi votre enfant est vulnérable
Jusqu’à environ 7 ans, un enfant éprouve des difficultés à évaluer les distances. Il a même du mal à faire la différence entre une voiture à l’arrêt et un véhicule roulant à faible vitesse.
Il n’est pas encore capable de prendre en compte ce qui se passe sur les côtés, même si son champ visuel est identique au vôtre. Par ailleurs, et c’est un élément primordial, l’enfant de 6-9 ans ne se concentre que sur une seule chose à la fois. S’il a du mal à maîtriser sa bicyclette, il ne pourra pas prendre en compte ce qui se passe autour de lui.
Votre enfant ne fait pas la différence entre voir et être vu. Autrement dit, quand il roule et qu’il voit une voiture s’arrêter à un stop, il est persuadé que son conducteur l’a vu et le laisse passer.
Votre enfant éprouve de vraies difficultés à identifier correctement la provenance des bruits même s’il possède une ouïe plus fine que la vôtre. Dans 40 % des cas, il se trompe entre un bruit venant d’en face ou de derrière. Et, dans 80 % des cas, si le bruit vient de côté. Conséquence : l’œil suit l’oreille dans une mauvaise direction.
Son comportement est dominé par ses émotions. En roulant sur la chaussée, en franchissant un carrefour, l’enfant ne pense qu’à sa joie ou à son inquiétude et ne prend plus en compte la voiture qu’il voit arriver.
Sa petite taille le dissimule à la vue des conducteurs. C’est une évidence pour vous. Mais pas pour lui. Et c’est même une notion assez compliquée à lui faire comprendre.
Le bon équipement
© Segire & T. Duhamel
Le vélo doit être pourvu :
• de freins à l’avant et à l’arrière ;
• d’une sonnette ;
• d’un éclairage jaune ou blanc à l’avant et rouge à l’arrière, la nuit et par mauvaise visibilité;
• de dispositifs réfléchissants : blanc à l’avant, rouge à l’arrière, orange sur les côtés et dans les pédales.
Vous pouvez aussi installer un « écarteur de danger » à l’arrière gauche, pour inciter les voitures à garder leur distance lors d’un dépassement, sans oublier un rétroviseur à gauche, qui permettra à l’enfant de surveiller plus facilement ce qui se passe derrière.
Avant de laisser votre enfant monter sur le vélo, vérifiez que :
• la selle et le guidon sont réglés à sa taille;
• les deux freins fonctionnent bien ;
• les pneus sont suffisamment gonflés.
Le casque
• On ne le dira jamais assez, « le port du casque n’est pas obligatoire : il est juste indispensable ! », même si votre enfant trouve que c’est contraignant et que cela donne chaud !
• La tête de votre enfant est fragile. Le casque lui permet d’être protégé en cas de chute, car même à faible vitesse, il peut se faire très mal. Il doit être bouclé, la jugulaire attachée correctement.
• Pour choisir le casque, vérifiez qu’il soit conforme aux normes de sécurité (marquage « CE ») et qu’il corresponde au tour de tête de l’enfant. Un casque trop grand ne sert à rien puisqu’il ne remplira pas son rôle protecteur.
• Et ce qui est bon pour la tête de votre enfant est bon pour la vôtre ! Montrer l’exemple !
Les vêtements et chaussures
• Optez pour du confortable et des couleurs claires ou vives pour qu’il soit repéré de loin.
• Bannissez tous les vêtements trop larges ou qui flottent qui risquent de se prendre dans les rayons ou dans la chaîne.
• Équipez-le d’un gilet fluo muni de bandes rétroréfléchissantes, notamment par temps de pluie : cela permet de mieux signaler la présence des petits cyclistes.
• Faites-lui porter des chaussures fermées tenant bien au pied. Méfiez-vous des lacets qui risquent de se prendre dans la chaîne.
Apprenez-lui à maîtriser son vélo
Circuler à vélo n’est pas qu’une question d’équilibre. Il faut savoir aussi maintenir sa trajectoire, tourner, ralentir, indiquer son changement de direction et s’arrêter... sans tomber. En résumé : savoir maîtriser sa bicyclette.
Quelques conseils pour vérifier que votre enfant est capable de contrôler seul sa trajectoire, de ralentir, de tourner et de s’arrêter :
• Faites-lui découvrir les points clés pour démarrer et rouler en ligne droite : importance de la bonne position sur le vélo, du regard (regarder un point de repère loin devant), de la souplesse du guidon.
• Expliquez-lui comment on tourne à gauche (un trajet à vélo n’est pas uniquement rectiligne). Cette manœuvre est toujours source de grand danger et nécessite de la part de l’enfant une bonne maîtrise du vélo et une extrême vigilance.
• Rappelez-lui que pour tourner à gauche, il doit :
- vérifier qu’aucun véhicule n’arrive de l’arrière ;
- tendre le bras à gauche pour indiquer son changement de direction ;
- ralentir sa vitesse ;
- se déporter vers le milieu de la chaussée, ralentir sa vitesse et contourner par la droite.
Pour en savoir plus
Dépliant « Les Premiers Trajets de l’enfant à vélo »
Conseils de freinage : l’action de ralentir ou de s’arrêter doit également faire l’objet de toutes les attentions. Rappelez-lui que :
• il doit actionner les deux freins en même temps, progressivement ;
• il ne doit pas bloquer les roues sinon c’est le dérapage ou la chute assurés !
Code de la route et règles de circulation : les bases indispensables
Les feux tricolores : ils organisent la circulation de tous les véhicules sur la chaussée. Les cyclistes sont donc soumis à leurs règles. À dire et redire : on s’arrête au rouge mais AUSSI à l’orange, en restant à droite derrière les voitures pour être bien visible dans les rétroviseurs.
Les panneaux : pas la peine de lui faire apprendre dans le détail tout le code de la route. En revanche, quand vous les rencontrez, montrez à votre enfant les quelques panneaux qu’il a besoin de connaître et expliquez-lui leur signification : stop, cédez le passage, sens interdit, piste cyclable…
Dans un village/à la campagne : s’il y a moins de trafic, le danger n’est pas pour autant écarté. Guidez-le dans cet environnement en lui apprenant à se positionner sur la chaussée, à regarder loin, à élargir son panorama visuel et à écouter les bruits de la circulation. Et n’oubliez pas : quand on circule à plusieurs, roulez les uns derrière les autres, le plus lent devant et le plus expérimenté se positionnant en dernier.
En ville : attention aux ouvertures inopinées de portières et aux sorties de garage ou de parkings. Apprenez à votre enfant à détecter ces deux dangers pour qu’il puisse être en mesure de s’arrêter ou d’éviter l’obstacle à n’importe quel moment.
Où doit-il rouler?
Jusqu’à l’âge de 8 ans : pour sa sécurité uniquement sur les trottoirs (sauf avis contraire du maire) ou sur une piste cyclable pour aller, par exemple, à la piscine ou à l’école ou dans les espaces de jeux (squares, forêt…).
À partir de 8 ans : démarrez progressivement l’apprentissage de la circulation sur la chaussée. En commençant, par exemple, par des axes peu fréquentés comme une petite route de campagne. Si vous êtes le seul adulte accompagnateur, roulez derrière pour surveiller votre enfant. Si vous êtes deux adultes, l’un roule en tête et l’autre à l’arrière en file indienne.