Souvent synonymes de consommation d’alcool et de cannabis,
les soirées entre jeunes sont de fait difficilement compatibles avec la conduite d’une voiture, d’un scooter ou même d’un vélo. Que votre ado soit conducteur ou passager, il risque d’être confronté à cette situation.
Même si cela vous semble délicat, n’hésitez pas à lui en parler, c'est encore le meilleur moyen de le "protéger". Mais avant tout, il faut savoir de quoi vous parlez. Prenez donc connaissance des dangers de ces substances, sans les diaboliser (ce n’est pas parce que votre ado fume du cannabis qu’il va forcément plonger dans les drogues dures) ni les minimiser (attention à la banalisation des consommations d’alcool), afin d’avancer de bons arguments lors de vos échanges.
D’abord écoutez le témoignage de ces jeunes accidentés et montrez-les à votre ado pour le convaincre.
Des chiffres qui font réfléchir
L’alcool est la 1ère cause d’accident en France
Les nuits de week-ends, l’alcool est en cause dans 1 accident mortel
sur 2 et le mélange alcool + cannabis multiplie par 14 les risques d’accidents mortels !
13,9 ans pour les garçons et 12,6 ans pour les filles : c’est l’âge moyen
de la 1ère ivresse en France.
26 % des adolescents de 17 ans déclarent avoir des ivresses répétées, contre 5.5% des adultes.
La moitié des jeunes de 17 ans consomment du cannabis plus de 10 fois par an. C’est le produit illicite le plus précocement expérimenté (15 ans en moyenne).
La consommation de cannabis touche aussi bien les milieux aisés que les milieux modestes.
1 gramme de cannabis (de quoi se faire un joint) coûte aujourd’hui environ 4€
Alcool : quels effets sur la conduite ? quels risques ?
Les effets de l’alcool sont bien connus : sensation d’euphorie, allongement des temps de réaction, difficulté à prendre des décisions et à adapter la conduite aux circonstances, trouble de la vision, défaut de coordination et de synchronisation des gestes, mauvaise évaluation des distances...
Si l’alcoolémie peut légèrement varier en fonction de l’âge, du poids, du sexe ou selon que l’on est ou non à jeun, le temps d’élimination de l’alcool demeure en toutes circonstances d’au moins une à deux heures par verre d’alcool dose bar (volume standard servi dans les bars et restaurants). Rien ne permet d’accélérer ce processus !
Cannabis : quels effets sur la conduite ? quels risques ?
Le cannabis altère la vision, l’audition et les capacités de coordination.
Le temps de réaction s’allonge, la capacité de contrôle d’une trajectoire s’amoindrit
et la réponse en situation d’urgence se détériore. Certains types de cannabis à forte teneur en principes actifs peuvent provoquer une véritable ivresse. Selon
les individus, ces effets peuvent durer de
2 à 10h après la prise.
Le nombre de victimes sur les routes imputable au cannabis est de 230 tués par an, dont une grande part à moins
de 25 ans.
Attention ! Les effets du cannabis et de l’alcool se cumulent. Un conducteur positif à la fois au cannabis et à l'alcool a 14 fois plus de risque d’être responsable d'un accident mortel ! Ne croyez pas qu’il s’agisse d’un cocktail rare, puisque 40% des conducteurs
contrôlés positifs au cannabis le sont également à l’alcool.
Vous vous posez des questions sur la consommation de votre enfant ? Apprenez à faire la différence entre une consommation occasionnelle et régulière ou une dépendance.
On peut parler de consommation régulière d’alcool à partir
de 10 fois par mois et de consommation régulière de cannabis à partir de 2 fois par semaine. On reconnaît une dépendance physique et/ou psychologique à partir du moment où la personne ne peut plus s’en passer, que sa consommation devient quotidienne.
Des consultations spécialisées existent, il ne faut pas hésiter à y recourir.
Un message est d’autant plus efficace quand c’est un jeune qui parle à un jeune. Montrez donc à votre ado les témoignages des jeunes accidentés présentés plus haut.
Tout d’abord, n’oubliez pas votre rôle d’adulte : vous devez lui signifier votre désaccord et lui interdire formellement les pratiques dangereuses (conduire après avoir bu de l’alcool ou consommé une drogue). Selon des études, les jeunes auxquels les parents posent des limites ont moins de risque d’accident que les autres.
En parler ne suffit pas, il faut aussi montrer le bon exemple. Vous aurez beau interdire ou condamner une conduite à risque, si vous ne donnez pas vous-même le bon exemple, cela n’aura que peu d’impact. Dans tous les cas, soyez à l’écoute, ouvrez le dialogue, il ne faut en aucun cas que ces sujets soient tabous. Commencez à en parler dès le plus jeune âge.
La consommation d’alcool et de cannabis est très répandue, votre enfant n’est certainement pas un cas isolé, mais cela ne veut pas dire que vous devez banaliser ces pratiques. Il faut savoir qu’à cet âge l’effet et la pression du groupe sont très forts, il est donc important que vous appreniez à votre enfant à s’affirmer, à savoir dire non (ex : ne pas monter dans un véhicule dont le conducteur a bu). Vous devez pour cela lui donner des arguments ou des astuces lui permettant d’éviter des pratiques à risque sans pour autant se sentir exclu du groupe.
« J'ai l'habitude de boire/fumer, ça ne me fait plus d'effet »
Lorsque l’on fume, on recherche certains effets. Si les effets diminuent avec l’usage, le consommateur augmentera la quantité absorbée pour retrouver les mêmes effets. C’est la logique du produit. De plus, même avec une faible alcoolémie, le conducteur prend des risques qu’il n’aurait pas pris en temps normal. Son temps de réaction est plus long et sa vision moins nette.
« Je connais un truc pour faire baisser mon alcoolémie »
Il n’existe aucun « truc » permettant d’accélérer l’élimination de l’alcool. Seul le temps peut agir. L'alcoolémie atteint son maximum une heure après l'absorption du dernier verre et il diminue ensuite en moyenne de 0,15 g/l par heure (à 0,75 g/l, il faudra cinq heures pour revenir à 0). Sachez que, chez les femmes, l'alcoolémie monte bien plus rapidement et descend plus lentement que chez les hommes.
Rappelons que lors d’une consommation importante, une nuit de sommeil peut ne pas suffire pour éliminer la totalité de l’alcool. Ex : une alcoolémie de 1,5 g/l dans le sang à minuit est encore de 0,6 g/l le lendemain à 9h.
« Les garçons tiennent mieux l’alcool que les filles »
A quantité égale d’alcool consommée et à poids égal, les femmes ont généralement une alcoolémie un peu plus élevée que chez les hommes. Cela est lié en partie au volume d’eau un peu plus important chez les hommes que chez les femmes.
Mais le sexe a une influence assez faible au regard des autres paramètres qui entrent en ligne de compte dans l’alcoolémie : poids, masse de graisse, vitesse d’absorption de l’alcool au niveau de l’estomac… De ce fait, un garçon peut très bien avoir une alcoolémie supérieure à une fille, alors même qu’il a consommé une quantité d’alcool identique.
Lorsque l’on est un garçon et que l’on pense : « les garçons tiennent mieux que les filles », c’est sans doute l’expression d’une représentation « virile » du consommateur d’alcool. Or, les accidents mortels avec alcool impliquent surtout les conducteurs hommes : 17 hommes pour 1 femme, statistique qui semble paradoxale au regard du préjugé.
Enfin, « bien tenir l’alcool » doit mettre en alerte : cela révèle une habitude de consommation qui peut rapidement devenir problématique.
« Le cannabis n’a pas d’influence sur ma conduite. Au pire, je roule “pépère” et je suis moins dangereux. Au pire je risque un accrochage »
Sous influence du cannabis, le temps de réaction augmente, le contrôle de la trajectoire est plus difficile, la coordination des gestes est moins bonne. En cas d’urgence, vous aurez du mal à réagir rapide¬ment et correctement. Sous influence de cannabis, vous avez 2 fois plus de risques d’être responsable d’un accident mortel.
« Quand j’ai bu, je sais que je dois arrêter de conduire lorsque je n’arrive plus à mettre ma clé dans le contact. Je connais mes limites »
Dès le premier verre d’alcool, les capacités sont réduites. Quand on en est à ne plus pouvoir mettre les clefs dans le contact, on n’est plus en état de conduire depuis longtemps. De plus ce stade d’alcoolisation, on n’est plus capable de juger de son propre état. On a tendance à prendre des risques que l’on n’aurait pas pris en temps normal.
« J’ai bu (ou fumé), mais je ne vais pas loin, ce n’est pas grave »
73% des accidents ont lieu à proximité du domicile. C’est naturellement parce que l’on circule le plus souvent à proximité de son domicile mais aussi parce que, lorsqu’une zone est connue, l’attention a tendance à se relâcher. Sur les trajets habituels, on dit alors du conducteur qu’il est en pilotage automatique. Les situations de conduite (feux, intersections, changements de direction, etc.) sont abordées sans vigilance soutenue. Dans ce cas de figure, le conducteur aura besoin de beaucoup plus de temps pour réagir face à un imprévu. Et si le conducteur est sous l’emprise de l’alcool ou du cannabis, il peut alors ne pas réagir du tout.
« Ok, le cannabis (ou l’alcool) peut être dangereux au volant, alors moi je prends mon vélo/mon scooter »
Les effets de l’alcool ou du cannabis sont indépendants du mode de transport que l’on utilise. Que l’on soit cycliste, scootériste ou même piéton, le risque d’accident est élevé. En 2004, 34.5% des conducteurs de cyclo impliqués dans un accident mortel roulaient alcoolisés.